« Bonjour, je n’ai pas de prénom ; je n’ai pas d’âge précis ; je préfère rester anonyme. Je suis Palestinien, j’ai une vie d’adolescent presque comme la vôtre. Avec quelques différences. Je vis dans le camp de réfugiés ‘’Aïda’’ à quelques mètres du mur de séparation. Je vis dans un petit appartement de deux pièces avec ma mère et mes quatre frères et sœurs. Je n’ai pas l’eau courante. Depuis 1948, Israël grignote nos terres ; je suis coupé du village d’origine de mes parents et de mes grands parents, je suis coupé de mes racines …

Je ne peux pas visiter ma capitale, qui est occupée. Il me faut un permis, très difficile à obtenir dans ma situation: Mon père à été tué pendant une manifestation pour revendiquer nos libertés en tant qu’humains ; je représente donc « une menace » aux yeux des occupants. Dites-vous que je suis coincé en Palestine, en Territoires Occupés, appelons ça comme vous voulez. Une partie de mes amis est dans le même cas. Notre plus grand rêve est de voir quelque chose de différent, quelque chose de nouveau. L’internet est notre seul échappatoire, notre seule ouverture au monde. En effet, sortir du pays nous est interdit. Pourquoi ? Je n’ai pas vraiment de réponse … ‘’C’est l’occupation’’. Pour moi, seuls les plus chanceux ont le droit à ce privilège. J’arrive parfois à voir les montagnes jordaniennes, de l’autre côté de la mer morte, depuis ma terrasse, où ma grand-mère a planté un petit olivier.

« Notre plus grand rêve est de voir quelque chose de différent, quelque chose de nouveau. L’internet est notre seul échappatoire, notre seule ouverture au monde. »

Je n’ai jamais eu le droit de voir la mer, de faire glisser le sable entre mes doigts, et pourtant ce paradis n’est qu’à quelques kilomètres de « ma prison ». Je ne suis jamais allé dans le vieux souk de Jérusalem ; je n’ai jamais prié au dôme du Rocher ni présenté mes respects à l’église du Saint Sépulcre. Je n’ai jamais foulé les dalles du vieux port de Saint Jean d’Acre, ni senti l’odeur du jasmin des jardins de Haïfa et surtout, je ne suis jamais retourné au village où ma famille avait toujours habité.

Et je rêve de devenir pilote d’avion et de vivre dans un pays en paix…. »

Cet adolescent n’existe pas réellement mais il est représentatif d’une partie de la population adolescente des camps de réfugiés de Cisjordanie.

Crédits photos : ABBAS/Momani AFP.

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